Le café en Ouganda s’enracine dans un robusta indigène (Coffea canephora) présent dans les forêts du bassin du lac Victoria ; sa culture domestique par les communautés locales (notamment dans le royaume de Buganda) remonte au moins à deux siècles, avec des usages sociaux (grains mâchés, rituels). Le pays abrite par ailleurs plusieurs espèces de Coffea autochtones (dont canephora et eugenioides), qui constituent un réservoir de diversité génétique documenté.
L’arabica est introduit au début du XXᵉ siècle, d’abord sur les pentes du Mont Elgon (Bugisu), puis dans les Rwenzori et le West Nile ; la distinction commerciale WUGAR (Washed Uganda Arabica) et DRUGAR (Dry Uganda Arabica) s’impose ensuite pour caractériser les procédés de transformation.
Au plan institutionnel, le secteur est organisé sous Coffee Marketing Board (CMB) à partir de 1963 ; la libéralisation des années 1990 s’accompagne de la création de l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA) par la loi de 1991, du démarrage des exportateurs privés (1992) et du recul progressif du monopole public sur la commercialisation.
La filière subit ensuite le choc de la coffee wilt disease (CWD) : apparition en 1993 en Ouganda, diffusion à l’ensemble des zones robusta d’ici 2000 et destructions massives d’arbres (estimations de l’ordre de millions de pieds). Les réponses publiques et partenaires incluent replantations et diffusion de clones robusta résistants (lignes NARO Kituza KR 1–10), appuyées par des guides UCDA et des programmes de pépinières.
En synthèse, une trajectoire faite d’un socle robuste indigène, de l’arrivée contrôlée de l’arabica au XXᵉ siècle, d’une réforme institutionnelle majeure en 1991 et d’une relance agronomique post-CWD : un cadre lisible pour sourcer des cafés traçables aux identités régionales marquées.