: nos cafés du pays

Tanzanie

La Tanzanie produit arabica et robusta : arabica ≈60 %, robusta ≈40 %. L’arabica domine les hautes terres du Nord (Kilimandjaro/Arusha) et des Southern Highlands (Mbeya/Songwe, Njombe, Ruvuma–Mbinga) ; le robusta est concentré au Nord-Ouest (Kagera : Kyerwa, Karagwe, Ngara). Environ 90 % des volumes proviennent de ~320 000 petits producteurs. Le lavé est majoritaire (AMCOS/CPU ou ferme), avec calibrage AA/AB/PB. Commercialisation via enchères (Moshi & zonales) et ventes directes encadrées. Récolte principale : juil.–oct. au national (parfois dès juin au Sud, jusqu’à déc. au Nord).
En bref : origine d’altitude aux cafés nets, traçables et polyvalents, appuyée par un maillage AMCOS solide et un calendrier étagé.

Variétés & Cultivars Principaux

La base variétale arabica associe des lignées Bourbon et Kent (dont la sélection N39), avec présence de SL28/SL34 dans plusieurs bassins ; le robusta (canephora) est largement planté en Kagera. Ces matériels, diffusés de longue date par la recherche et les filières, constituent aujourd’hui le socle des plantations d’altitude.

Calendrier de Récolte

Le calendrier est étagé : pour l’arabica, la récolte démarre au Sud dès juin et se poursuit jusqu’en septembre–octobre, alors qu’au Nord elle s’étale de juillet jusqu’à la fin d’année selon altitude et pluies ; pour le robusta (Kagera), la récolte principale se tient de mai à août. Ces fenêtres sont régulièrement observées par les opérateurs de filière et les mises à jour de marché.

Faits et statistiques

La production nationale est composée d’environ 60,9 % d’arabica et 39,1 % de robusta ; ≈ 90 % du café provient de ~320 000 petits producteurs, les estates < 10 %. Les enchères (historiquement à Moshi, puis décentralisées par zones depuis 2018) coexistent avec des ventes directes encadrées via les AMCOS ; le système de grades par calibrage (p. ex. AA, AB, PB…) reste la référence commerciale. Pour 2025/26, la production est projetée ~1,45 million de sacs et les exportations ~1,37 million.

Histoire du café dans le pays

Au nord-ouest, des sources orales rapportent qu’avant la colonisation les Haya utilisaient le robusta comme stimulant (grains mâchés, parfois monnaie d’échange), tandis que l’arabica, venu d’Éthiopie voisine, est attesté dans la région dès le XVIᵉ siècle.

La culture commerciale d’arabica s’installe autour du Kilimandjaro à la fin du XIXᵉ siècle : des missionnaires catholiques plantent à Kilema en 1898, puis des colons germaniques étendent les vergers. Après la Première Guerre mondiale, le commissaire britannique Charles Dundas autorise les autochtones à cultiver le café ; les planteurs chagga s’organisent avec la Kilimanjaro Native Planters’ Association (1925), prélude à l’enregistrement de la Kilimanjaro Native Co-operative Union (KNCU) en 1933.

Un système d’enchères se met en place à Moshi et demeure un canal majeur de commercialisation au XXᵉ siècle et au-delà, régulièrement alimenté en saisons caféières.

Après l’indépendance, les coopératives sont dissoutes en 1976, puis réintroduites en 1984 ; la libéralisation des années 1990 redonne de l’autonomie aux unions et aux sociétés primaires, tout en ouvrant la concurrence à des acheteurs privés.

En 2018, de nouvelles réglementations refondent la filière : multiplication des enchères zonales, recentrage de l’achat de cerise/parche via les AMCOS (Agricultural Marketing Co-operative Societies) et traçabilité au niveau coopératif. Des ajustements ultérieurs maintiennent l’enchère tout en rouvrant une fenêtre d’exportation directe pour certains flux, aujourd’hui utilisée par des partenaires AMCOS–exportateurs.

Pour l’acheteur specialty, cette trajectoire — héritage coopératif solide, enchères structurées et AMCOS traçables — offre des repères clairs de qualité et de provenance, du Kilimandjaro aux Highlands du Sud.

Terroir et climat

Les cafés d’arabica se situent sur des hautes terres au Nord (Kilimanjaro/Arusha) et dans les Southern Highlands (Mbeya, Njombe, Mbinga), tandis que le robusta se concentre à l’extrême Nord-Ouest (Kagera, près du lac Victoria). Les altitudes caféières courantes se situent souvent entre ~1 200 et 2 100 m selon les zones. Le régime pluviométrique est bimodal au Nord et à l’Est (grandes pluies mars–mai, petites pluies oct.–déc.) et unimodal au Sud/Ouest (oct.–mai), ce qui cadence floraison et récolte ; l’interculture café–bananier est fréquente au Nord/Ouest.

Régions productrices

L’arabica est principalement cultivé au Nord (Kilimanjaro, Arusha, Tanga, Iringa) et au Sud (Mbeya, Njombe, Mbinga), tandis que le robusta est localisé en Kagera (région du lac Victoria, districts comme Kyerwa/Karague/Ngara). Cette géographie Nord/Sud pour l’arabica et Kagera pour le robusta structure l’offre nationale et les flux de commercialisation.