Éthiopie : nos cafés du pays

Ethiopie

Berceau de Coffea arabica, l’Éthiopie produit entièrement de l’arabica. Les cafés poussent en altitude (~1 500 à >2 200 m), surtout en Oromia (Guji, Jimma, Harar), Sidama et dans le Sud/Sud-Ouest (Gedeo/Yirgacheffe, Kaffa, Bench Sheko).
La filière repose majoritairement sur des petits producteurs en systèmes forêt/semi-forêt, jardin et plantation. Côté post-récolte, les deux méthodes coexistent : le naturel (séchage en cerise) est majoritaire, les lavés largement présents via des stations coopératives et privées.
Récolte principale d’octobre à février selon altitude ; expéditions quelques mois plus tard. Une consommation intérieure élevée et une grande diversité de terroirs et procédés livrent des profils nets et expressifs, très recherchés en specialty.

Variétés & Cultivars Principaux

La base végétale associe landraces locales (souvent désignées “heirloom”) et sélections JARC (centre de recherche de Jimma) diffusées pour la tolérance aux maladies et l’adaptation zonale — le JARC a officiellement libéré >40 variétés (p. ex. 74110, 74112). Cette combinaison soutient des profils expressifs tout en sécurisant la production des petits producteurs.

Calendrier de Récolte

La récolte principale s’étend d’octobre à février selon altitude et zones ; les expéditions suivent classiquement 3–4 mois après la cueillette. À l’échelle nationale, les exportations culminent d’avril à juillet, cohérentes avec ce cycle post-récolte.

Faits et statistiques

La filière est dominée par les petits producteurs (~95 %) ; la production commerciale reportée est arabica, avec une majorité de cafés naturels/séchés au soleil (≈65–80 %) et 20–35 % lavés. Pour 2025/26, la production est projetée à ~11,6 millions de sacs (60 kg) et les exportations à ~7,8 millions, tandis qu’une consommation intérieure élevée soutient un marché local profond.

Histoire du café dans le pays

Berceau des populations sauvages de Coffea arabica, l’Éthiopie conserve encore aujourd’hui ces forêts d’origine dans le Sud-Ouest (réserve de biosphère de Kafa).

Dès le XVe siècle, des graines franchissent la mer Rouge vers le Yémen, où la culture commerciale s’établit et d’où le café se diffusera ensuite dans le monde. Au XXe siècle, l’achèvement de la ligne Addis-Abeba–Djibouti (1917) structure les flux d’exportation vers la côte.

En 2008, la création de l’Ethiopia Commodity Exchange (ECX) centralise la commercialisation ; puis, à partir de 2017, des réformes ouvrent la voie aux ventes directes/“vertical integration” et rétablissent la traçabilité indispensable au segment de spécialité.

Parallèlement, l’ancrage culturel reste exceptionnel : la cérémonie du café rythme la vie sociale et se reflète dans un marché domestique très profond, avec près de la moitié de la production consommée localement.

En somme, origine native et grande profondeur historique d’un côté, cadre logistique et réglementaire modernisé de l’autre : l’Éthiopie offre aujourd’hui un terrain solide pour sourcer des cafés d’altitude aux identités régionales marquées, avec des mécanismes de vente directe et de traçabilité adaptés aux exigences specialty.

Terroir et climat

Hauts plateaux d’Afrique de l’Est, forêts montagnardes au Sud-Ouest (réserve de biosphère de Kafa) et zones d’altitude fraîche propices à l’arabica : la mosaïque agro-écologique éthiopienne combine culture sous forêt/semi-forêt, jardin et plantation, avec une pluviométrie saisonnière qui cadence floraison, maturation et séchage. Ce contexte d’altitude et d’ombre favorise des maturations lentes et des profils nets recherchés par le segment specialty.

Régions productrices

Le gros des volumes provient des régions d’Oromia et du Sud (Sidama, Gedeo/Yirgacheffe, Kaffa), avec des bassins établis à l’Ouest (Jimma/Limu, Illubabor, Wollega) et à l’Est (Hararghe/Harrar). Cette géographie explique la diversité de profils et alimente une offre traçable par zone, union ou station.