: nos cafés du pays

Uganda

L’Ouganda cultive arabica et robusta, avec un robusta indigène dominant (~85 % en 2024/25). L’arabica se concentre sur le Mont Elgon (Kapchorwa, Mbale), les Rwenzori (Kasese, Bundibugyo) et le West Nile (Zombo) ; la production est majoritairement assurée par des petits producteurs.
Côté transformation, l’arabica est classé WUGAR (Washed Uganda Arabica, lavé) et DRUGAR (Dry Uganda Arabica, naturel) — WUGAR courant sur Elgon, DRUGAR historiquement répandu dans les Rwenzori. Le robusta est très majoritairement séché à sec ; les robustas lavés ne représentent qu’une part marginale.
Récoltes étagées selon les bassins (voir calendrier), ce qui assure des arrivages réguliers. À l’export, les volumes récents tournent autour de 6,3–6,5 M de sacs (60 kg), UE en première destination.

Variétés & Cultivars Principaux

Côté arabica, les variétés SL14, SL28, KP162 et KP423 (ainsi que le « Bugisu local ») sont officiellement recommandées et diffusées dans les zones d’altitude. Côté robusta, la replantation s’appuie sur des clones NARO-Kituza KR1–KR10 résistants à la coffee wilt disease (CWD), aujourd’hui référencés et promus par la recherche et les autorités de filière. En transformation, les dénominations commerciales WUGAR (Washed Uganda Arabica) et DRUGAR (Dry Uganda Arabica) distinguent lavés et naturels ; un WUR (Washed Uganda Robusta) existe à la marge.

Calendrier de Récolte

Pour l’arabica, les fenêtres sont régionales : Mont Elgon : principale d’octobre à janvier/février, contre-saison de mai à juillet ; Rwenzori : principale d’avril à juillet, contre-saison d’octobre à janvier ; West Nile : principale d’octobre à janvier, contre-saison d’avril à juin. Pour le robusta, la Grande Masaka & Sud-Ouest culminent vers juillet (période mai–août), tandis que la Ceinture centrale & Est ont une principale novembre–janvier. Les calendriers varient selon altitude et pluies, mais ces repères guident classiquement achats et embarquements.

Faits et statistiques

Côté arabica, les variétés SL14, SL28, KP162 et KP423 (ainsi que le « Bugisu local ») sont officiellement recommandées et diffusées dans les zones d’altitude. Côté robusta, la replantation s’appuie sur des clones NARO-Kituza KR1–KR10 résistants à la coffee wilt disease (CWD), aujourd’hui référencés et promus par la recherche et les autorités de filière. En transformation, les dénominations commerciales WUGAR (Washed Uganda Arabica) et DRUGAR (Dry Uganda Arabica) distinguent lavés et naturels ; un WUR (Washed Uganda Robusta) existe à la marge.

Histoire du café dans le pays

Le café en Ouganda s’enracine dans un robusta indigène (Coffea canephora) présent dans les forêts du bassin du lac Victoria ; sa culture domestique par les communautés locales (notamment dans le royaume de Buganda) remonte au moins à deux siècles, avec des usages sociaux (grains mâchés, rituels). Le pays abrite par ailleurs plusieurs espèces de Coffea autochtones (dont canephora et eugenioides), qui constituent un réservoir de diversité génétique documenté.

L’arabica est introduit au début du XXᵉ siècle, d’abord sur les pentes du Mont Elgon (Bugisu), puis dans les Rwenzori et le West Nile ; la distinction commerciale WUGAR (Washed Uganda Arabica) et DRUGAR (Dry Uganda Arabica) s’impose ensuite pour caractériser les procédés de transformation.

Au plan institutionnel, le secteur est organisé sous Coffee Marketing Board (CMB) à partir de 1963 ; la libéralisation des années 1990 s’accompagne de la création de l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA) par la loi de 1991, du démarrage des exportateurs privés (1992) et du recul progressif du monopole public sur la commercialisation.

La filière subit ensuite le choc de la coffee wilt disease (CWD) : apparition en 1993 en Ouganda, diffusion à l’ensemble des zones robusta d’ici 2000 et destructions massives d’arbres (estimations de l’ordre de millions de pieds). Les réponses publiques et partenaires incluent replantations et diffusion de clones robusta résistants (lignes NARO Kituza KR 1–10), appuyées par des guides UCDA et des programmes de pépinières.

En synthèse, une trajectoire faite d’un socle robuste indigène, de l’arrivée contrôlée de l’arabica au XXᵉ siècle, d’une réforme institutionnelle majeure en 1991 et d’une relance agronomique post-CWD : un cadre lisible pour sourcer des cafés traçables aux identités régionales marquées.

Terroir et climat

Pays équatorial à pluviométrie bimodale (pluies mars–mai et sept.–nov., saisons sèches déc.–févr. et juin–août), ce qui cadence floraison et maturation. L’arabica se situe principalement entre ~1 300 et 2 300 m (Mont Elgon, Rwenzori, West Nile), tandis que le robusta indigène occupe les 900–1 500 m des zones plus basses (bassin du lac Victoria et Nord/Centre). Les systèmes agroforestiers et café-bananier sont répandus dans les ceintures productives.

Régions productrices

L’arabica provient surtout de l’Est (Mont Elgon : Bugisu/Kapchorwa), de l’Ouest (Rwenzori : Kasese, Bundibugyo, etc.) et du Nord-Ouest/West Nile (Zombo/Nebbi) ; on en trouve aussi au Sud-Ouest (chaîne du Muhabura). Le robusta structure la grande ceinture Centre–Nord autour du lac Victoria. Cette cartographie explique les profils « lavés » (Elgon) et « naturels/DRUGAR » (Rwenzori), ainsi que les flux d’export par bassins.