Au nord-ouest, des sources orales rapportent qu’avant la colonisation les Haya utilisaient le robusta comme stimulant (grains mâchés, parfois monnaie d’échange), tandis que l’arabica, venu d’Éthiopie voisine, est attesté dans la région dès le XVIᵉ siècle.
La culture commerciale d’arabica s’installe autour du Kilimandjaro à la fin du XIXᵉ siècle : des missionnaires catholiques plantent à Kilema en 1898, puis des colons germaniques étendent les vergers. Après la Première Guerre mondiale, le commissaire britannique Charles Dundas autorise les autochtones à cultiver le café ; les planteurs chagga s’organisent avec la Kilimanjaro Native Planters’ Association (1925), prélude à l’enregistrement de la Kilimanjaro Native Co-operative Union (KNCU) en 1933.
Un système d’enchères se met en place à Moshi et demeure un canal majeur de commercialisation au XXᵉ siècle et au-delà, régulièrement alimenté en saisons caféières.
Après l’indépendance, les coopératives sont dissoutes en 1976, puis réintroduites en 1984 ; la libéralisation des années 1990 redonne de l’autonomie aux unions et aux sociétés primaires, tout en ouvrant la concurrence à des acheteurs privés.
En 2018, de nouvelles réglementations refondent la filière : multiplication des enchères zonales, recentrage de l’achat de cerise/parche via les AMCOS (Agricultural Marketing Co-operative Societies) et traçabilité au niveau coopératif. Des ajustements ultérieurs maintiennent l’enchère tout en rouvrant une fenêtre d’exportation directe pour certains flux, aujourd’hui utilisée par des partenaires AMCOS–exportateurs.
Pour l’acheteur specialty, cette trajectoire — héritage coopératif solide, enchères structurées et AMCOS traçables — offre des repères clairs de qualité et de provenance, du Kilimandjaro aux Highlands du Sud.